Séance du samedi 12 décembre 2026
Les dictionnaires comme lieux de savoirs, entre productions situées et usages variés


La séance du samedi 12 décembre 2026 est conjointement organisée par l’AGF (Association de Géographes Français) et les Commissions Epistémologie, histoire et enseignement de la géographie et Géographie critique du CNFG (Comité National Français de Géographie). Elle portera sur les dictionnaires de géographie.
Coordonnateurs et coordinatrices de la séance :
Depuis le Dictionnaire géographique portatif de Conrad Malte-Brun (1827) jusqu’au récent Géographies. Un Dictionnaire du collectif GéoXXI (CNRS éditions, 2025), en passant par les Mots de la géographie de Roger Brunet, Robert Ferras, Hervé Théry (1993), le Dictionnaire de géographie de Catherine Bras, Serge Bourgeat et Pascal Baud (1995, 6e édition en 2022) ou encore le Dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés dirigé par Jacques Lévy et Michel Lussault (2003, réédité en 2013), le dictionnaire constitue un genre éditorial à part entière et un marqueur disciplinaire de la géographie. Genre ambitieux, il prétend parfois à une exhaustivité inatteignable et plus souvent à une certaine représentativité scientifique. Il nomme, définit, inscrit, pérennise, hiérarchise, occulte parfois, et présente un certain état d’une discipline à un moment donné, reprenant des entrées attendues ou révélant les angles morts et les nouvelles approches.
Cette journée d’étude de l’AGF et du CNFG se propose de soumettre cette production à un examen critique. Elle part d’une conviction : les dictionnaires ne sont pas de simples outils de référence d’une neutralité avérée. Ils sont des objets situés, porteurs de visions du monde, de rapports au monde, à la langue, aux concepts, aux limites et aux légitimités de la discipline. Qui définit ? Qui est défini ? Qui sont les acteurs des dictionnaires ? Quelles voix sont absentes ? Quelles géographies restent marginales ?
Plusieurs axes pourraient structurer la journée :
Si la fabrique d’un dictionnaire mobilise souvent des chercheurs et chercheuses confirmées, sa diffusion repose pour l’essentiel sur d’autres acteurs : médias spécialisés qui interrogent la discipline, enseignants du secondaire qui les utilisent en classe ou pour chercher des définitions et actualiser un vocabulaire, étudiants pour des concepts et des introductions, candidats aux concours l’utilisant comme outil de révision, formateurs s’en servant comme appui à la didactique disciplinaire, collègues s’en servant comme who’s who sur des sujets… Ces usages posent aussi des questions propres, de la durée de vie des définitions, de ce que signifie définir un mot dans l’apprentissage de la géographie, aux usages récents des outils d’IA générative. Au final, l’enjeu est au-delà du technologique, il est épistémologique, et touche au rapport aux savoirs disciplinaires institués.
Paris, Institut de Géographie, 191 rue Saint-Jacques
À la suite de la réception de témoignages et d’éléments portés à la connaissance du comité d’organisation – l’UFR de Géographie de l’Université Paris1 Panthéon-Sorbonne, l’UMR (8586) Prodig (Pôle de Recherche pour l’Organisation et la Diffusion de l’Information Géographique) et l’Association de Géographes Français (AGF) – celui-ci a décidé d’annuler la journée commémorative prévue le 18 avril, après le décès de Roland Pourtier.
Une proposition de séance AGF- sur la thématique des nouvelles conditions de la recherche en Afrique – sera débattue prochainement en conseil de l’AGF.
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